Fichez moi le Kempf !

Hervé Kempf a publié le 26 mai 2013 dans le quotidien ‘Le Monde’ une tribune intitulée « Sages chimpanzés ». Il s’y réfère au blocage du débat du CNAM sur la biologie synthétique par PMO. Sa seule source d’information provient de PMO, dont il endosse le point de vue. Voir posts précédents.
Belle conception du métier de journaliste en vérité. Mode d’emploi en 3 points :
1- Prendre pour source unique le militant ; par définition, un militant est au-dessus de tout soupçon de mauvaise foi (un idéaliste, pensez donc, quand on défend une juste cause).
2- Éviter de se contaminer à une source impure telle que celle du parti opposé, trop factuelle, trop peu polémique.
3- Éviter de consulter une source bien informée ; comme par exemple sa consoeur ‘Dianne’ de Mediapart qui elle, était présente sur les lieux et a publié immédiatement un rapport circonstancié.

Comme PMO, ce Kempf est un pur !

Il a quitté Le Monde — mais pas la planète — peu après cette sur-performance journalistique. Regrets éternels.
http://www.reporterre.net/spip.php?article4586
http://www.ozap.com/actu/-le-monde-repond-vivement-a-herve-kempf/448994

De braillants intellectuels

Les PMO sont de brillants intellectuels qui se réfèrent à de non moins grands sociologues comme Jacques Ellul. Ellul ?

Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie, Gallimard page 232) :
“Sergueï me déroule la chronique des coups bas et des rancœurs entre les inspecteurs des postes de garde. La théorie critique du dessèchement moderne, formulée par Emerson et Ellul, prolongée par Julien Coupat et les nostalgiques du lien communautaire, ne tient pas. Ce n’est pas l’entassement dans le “parc urbain” qui rend méchant, ni le stress provoqué par la pression marchande qui transforme l’homme en rat hargneux, ni la rivalité mimétique de la promiscuité qui “commande aux frères de se haïr” (Coupat dans Tiqqun). Au Baïkal, séparés par des dizaines de kilomètres de côtes, vivant dans la splendeur des bois, les hommes se déchirent comme les voisins de palier d’une vulgaire mégapole. Changez le cadre, la nature des “frères” restera la même. L’harmonie des lieux n’y fera rien. L’homme ne se refait pas.”

Demandez, demandez la décroissance globale !

Les intellectuels de PMO nous l’enseignent. Attention à ne pas confondre technique et technologie.

La technique, c’est l’outil que chacun peut utiliser et maintenir par lui-même. La technologie, c’est quand chacun ne peut plus maintenir son outil trop compliqué, car alors se crée autour tout un système dont la taille se met rapidement à dépasser l’échelle humaine.
La Renault 5 de 1972, c’est une technique, car un bricoleur normalement doué et un peu informé peut la réparer. La Renault Clio IV de 2012, c’est une technologie, car souvent, il faut pour la réparer des instruments que l’on ne trouve que dans les garages ; et ces instruments eux-mêmes ne peuvent être fabriqués ou réparés par votre garagiste.

On est rassuré. La loutre de mer qui, pour épargner ses papattes, casse un oursin entre deux pierres trouvées au fond de l’eau : c’est une technique, pas une technologie.
En revanche son exploitation de l’oursin n’est pas syndicalement acceptable. Nous reviendrons sur ce point.

Conclusion :
Quant à l’exploitation de la connerie humaine par les partisans de la décroissance globale, là c’est bien, parce qu’il s’agit d’une juste cause.

 

Décroissance globale et fumisterie

Le 25 avril 2013, une quinzaine de PMO (basé à Grenoble) débarquaient triomphalement à Paris pour faire valoir tout l’intérêt de la décroissance globale et du retour avant la révolution industrielle.
1) PMO est probablement venu à pied ou à cheval de Grenoble. Je ne les imagine en effet pas user du TGV alimenté à l’électricité nucléaire. Il n’y avait pas de TGV en 1850.
2) Ils ont échangé entre eux pour se donner RV à l’aide de signaux de fumée (c’est une technique nommée ‘fumisterie’, ce n’est pas une technologie). Je ne les imagine pas user de téléphone. Il n’y avait pas de téléphone en 1850. Pas d’internet non plus.

Ayant relu récemment « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis, je suis moins sûr de ces deux conclusions. Petit extrait (Pocket, page 20) :
« oncle Vania revint nombre de fois répéter ses exhortations contre le feu — quoique de préférence, je le remarquai, par les soirées froides ou pluvieuses. »
Oncle Vania est le technophobe, vous l’avez compris. Il retrouve son frère technophile et chercheur au coin du feu.

Conclusion :
Lire, relire et faire lire « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis.