Meristem Therapeutics

Connaissez-vous la compagnie « Meristem Therapeutics » ? Non ? Et bien c’est normal car elle n’existe pas.

Mais elle a existé, elle a été fondée en 1998. Elle a développé un moyen de produire la lipase gastrique dans le maïs. Cette protéine était extraite d’estomacs de chiens et utilisée contre la mucoviscidose. Pour abaisser le coût et améliorer la qualité de ce médicament, Meristem Therapeutics a débuté sa production dans du maïs transgénique. Ces cultures se faisaient dans des conditions d’isolement respectant les normes les plus dures. Parvenu en essai clinique de phase 2, des faucheurs volontaires (c’est vrai qu’on ne leur avait rien demandé) ont détruit ces cultures en 2005. La perte de ces essais a entraîné la liquidation de la compagnie en 2008, la vente des brevets à l’étranger, la perte ou délocalisation de nombreux emplois et de grandes compétences.

Encore une fois, on se demande pourquoi toutes ces pertes ne sont pas imputées aux obscurantistes dont la petite histoire nous apprend qu’ils ne savent pas se servir correctement d’une faux, ce qui ne les empêche apparemment pas de faire des dégâts.

 

Nous avons une ministre de l’écologie

Ségolène Royal, ministre de l’écologie, le 23 avril 2014 :
« Je proposerai donc, au nom de la France, au mois de juin, des améliorations au projet de directive pour offrir aux Etats membres toute la sécurité juridique nécessaire pour l’interdiction des OGM sur les territoires et pour renforcer leur évaluation environnementale », a-t-elle conclu.

Proposons une économie : en effet pourquoi évaluer un produit interdit ?
D’ailleurs, pour évaluer, il y faut les essais de l’INRA. Or ces essais ont systématiquement été saccagés par ceux-là même qui se plaignent ensuite qu’il n’y a pas évaluation. Notons au passage que ces gus-là ne savent manifestement pas manier une faux — il y faut quand même un coup de main qui ne s’improvise pas. On appelle ces personnes les « faucheurs d’OGM ». Ce sont des délinquants qui tendent à récidiver, encouragés par le laxisme judiciaire dont ils font l’objet.
Et qui retrouve-t-on aux côtés des faucheurs d’OGM quand la justice, à défaut de les condamner significativement, leur rappelle le droit : Royal Ségolène.

 

Questions :

Au-delà du droit de chacun à l’auto-contradiction (se plaindre de l’absence d’évaluation et détruire toute évaluation), que chacun appréciera, pourquoi ne pas faire régler la lourde facture des destructions à leurs responsables ?

Et comment est-il possible de retrouver des délinquants multi-récidivistes parmi les députés européens ? Comment peuvent-ils être éligibles ?

 

La nature du cumul

Frédéric JACQUEMART est un cumulard.
Médecin et docteur ès immunologie, il est administrateur de France Nature Environnement (FNE), fondateur et président du GIET, et président d’Inf’OGM, trois officines de notre riche paysage de l’écologie anti-OGM.
Nous avons déjà rendu visite à FNE dans ce blog. Quant à GIET et Inf’OGM, elles ont en commun, outre Jacquemart, une absolue neutralité. On est par exemple rassuré d’apprendre que “Le GIET n’a pas de doctrine et ne cherche pas à en avoir. Les écrits et propos de ses membres n’engagent qu’eux-mêmes, individuellement, et encore.” (rubrique “Qui sommes-nous ?). Ce “et encore” suggère une grande et attrayante liberté d’expression, jusqu’au point de ne même plus être responsable de ses propres écrits et propos. Inf’OGM est là pour nous informer sur les OGM, cela se devine à sa dénomination. “Face à la nouveauté que représente la transgenèse [depuis 1973 tout de même, ou depuis 1983 pour les PGM – note de Paul-Émic Victor], Inf’OGM s’est toujours efforcée de ne pas prendre position dans le débat autour des dangers et avantages des plantes génétiquement modifiées (PGM), considérant que les citoyens avaient besoin avant toute chose d’une information la moins orientée possible pour se construire leur propre opinion.” (rubrique “Le positionnement d’Inf’OGM dans le débat”). Rassuré ?

Un cumulard, n’est-ce pas ?
Doublé d’un boulimique. En 2009, il a été élu vice-président du Comité Économique, Éthique et Social (CEES) du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB). Merci Sarko. Ce HCB dispose aussi d’un comité scientifique. Ces deux comités ne tirant pas souvent les mêmes conclusions, ses avis en sont brouillés notamment depuis 2009. La majorité revient généralement aux anti-OGM. Beaucoup de membres du comité scientifique ont démissionné.
Imaginez qu’on ait nommé un représentant des grands semenciers à ce poste de vice-président du CEES. Que n’aurait-on entendu ! Mais là, un partisan de la décroissance globale, pas de problème.

Voir l’analyse de Gil Rivière-Wekstein (rédacteur en chef de la lettre “Agriculture et environnement”), à ce propos et à propos des prises de position de Manuel Valls. Écouter aussi le débat en ligne entre Gil Rivière-Wekstein, Marc Fellous (chercheur à l’hôpital Cochin) et Frédéric Jacquemart.