MORATOIRE DE LA BIOLOGIE SYNTHÉTIQUE

Lecteur fidèle !!
Moi, Paul-Émic, vous invite à signer un MORATOIRE DE LA BIOLOGIE SYNTHÉTIQUE.
Voici ce que pourrait être l’esprit d’un tel moratoire.
1) Information du consommateur et traçabilité :
Tout produit de santé (médicament, vaccin, thérapie génique, probiotique, diagnostic) constitué de, ou produit par un OGM, sera très lisiblement étiqueté tel.
2) Cohérence militante :
Les militants de la juste cause qui, majeurs, se sont prononcés contre la construction ou l’usage des OGMs seront bannis de tout produit de santé qui soit constitué de, ou produit par un OGM.
3) Disposition humanitaire :
Au cas où la survie du militant se retrouve ainsi mise en danger, une disposition permettrait à titre humanitaire que ce militant accède aux soins après avoir renié sa foi dans un document écrit et signé qui sera publié sur le site internet des “repentis” (par analogie aux repentis de la mafia italienne).
4) Martyrologue :
En cas de refus, le nom du militant décédé sera affiché sur le site des très nombreux “martyrs tombés victimes de la connerie humaine”.

 

Felis seralinis catus

Protocole :
Un chat statistiquement significatif a été choisi au hasard d’un carrefour parmi les représentants de l’espèce ‘Felis seralinis catus’. Il a eu pour seule nourriture durant deux ans des rats significativement cancéreux. Ces rats avaient été nourris aux champs par un ami des bêtes avec du chulophosate et des ONG toxiques (voir blog du 19-4-2014).
Résultat :
A la suite d’une constriction de son collier, le chat a développé une grosseur au cou, statistiquement significative (photo). Il lui est désormais difficile de se lécher au bas de la colonne vertébrale. Cette difformité effraie les chiens qui se tiennent à l’écart. Il sera donc difficile de poursuivre cette géniale expérience d’accumulation au long de la chaîne alimentaire.
Conclusion :
Un chien vaut mieux que deux chulorats.

Felis seralinis catus

Liberté d’entreprendre l’interdiction des OGM

Lu dans Les Echos du 5 décembre 2014, « Industries et Services » page 23 : « Bruxelles rend aux Etats la liberté d’interdire la culture des OGM ». Il ressort de l’article que Bruxelles se sentant harcelé par les anti-OGM, s’est déchargé de ce problème vers l’échelon national.

Juste un souci : si l’Europe ne fait pas le poids, il n’est pas clair comment chaque nation européenne le fera. D’autant que ce n’est pas la fraction nationale des oisifs obscurantistes qui leur tombera sur le dos, mais une mobilisation européenne totale sur chaque Etat qui, isolément à un moment donné, ferait mine d’autoriser un OGM.

La suite est encore meilleure.  » « Cet accord respecte l’engagement pris par la nouvelle Commission d’accorder aux gouvernements démocratiquement élus autant de poids qu’aux avis scientifiques » [sic], s’est félicité le commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis.  » Il est heureux qu’il ait pensé à se féliciter lui-même … Trois réunions totalisant 24 heures, tout de même.

Le passé nous a appris que les gouvernements non démocratiquement élus ont même plus de poids que les avis scientifiques. Mais là c’est mieux, c’est plus démocratique, c’est juste le même poids. Imaginez la gueule de la balance, d’un côté un gouvernement, de l’autre un avis scientifique.

Quant à la nouvelle Commission, un fait significatif est à noter : la conseillère scientifique en chef du président, Anne Glover, nommée par Barroso, vient d’être démise par Juncker. Elle mettait en avant les faits scientifiques. Quelques ONG ont réclamé et obtenu sa tête de Juncker qui leur a offerte.

 

Meristem Therapeutics

Connaissez-vous la compagnie « Meristem Therapeutics » ? Non ? Et bien c’est normal car elle n’existe pas.

Mais elle a existé, elle a été fondée en 1998. Elle a développé un moyen de produire la lipase gastrique dans le maïs. Cette protéine était extraite d’estomacs de chiens et utilisée contre la mucoviscidose. Pour abaisser le coût et améliorer la qualité de ce médicament, Meristem Therapeutics a débuté sa production dans du maïs transgénique. Ces cultures se faisaient dans des conditions d’isolement respectant les normes les plus dures. Parvenu en essai clinique de phase 2, des faucheurs volontaires (c’est vrai qu’on ne leur avait rien demandé) ont détruit ces cultures en 2005. La perte de ces essais a entraîné la liquidation de la compagnie en 2008, la vente des brevets à l’étranger, la perte ou délocalisation de nombreux emplois et de grandes compétences.

Encore une fois, on se demande pourquoi toutes ces pertes ne sont pas imputées aux obscurantistes dont la petite histoire nous apprend qu’ils ne savent pas se servir correctement d’une faux, ce qui ne les empêche apparemment pas de faire des dégâts.

 

Édulcoration nationale

Ayn Rand (La Source Vive, Plon page 672) :

“Roark se mit à parler. “Il y a des milliers d’années, un homme fit du feu pour la première fois. Il fut probablement brûlé vif sur le bûcher qu’il avait allumé de ses propres mains. Il fut considéré comme un malfaiteur qui avait dérobé à un démon un secret que l’humanité redoutait […] Des siècles plus tard, un autre homme inventa la roue. Il fut probablement écartelé sur cette roue qu’il avait enseigné à ses frères à construire. Il fut considéré comme un transgresseur qui s’aventurait dans un domaine interdit […] Prométhée fut enchaîné […]”

Et celui qui a fait des OGM va être condamné à les bouffer. Je peux en avoir aussi ?
Voici un merveilleux exemple de l’édulcoration progressive des peines à travers les siècles.

 

OGM – La contamination invisible

OGM – La contamination invisible (titre d’un dépliant 2014 imprimé sur papier recyclé non blanchi au chlore)
Nous voilà prévenus par l’association Greenpeace.
Vous avez dit “invisible” ?
Mais si c’est invisible, comment l’agriculteur meunier (page intérieure du dépliant) a-t-il su que “des grains OGM s’étaient glissés dans des semences garanties sans OGM” ?
D’ailleurs, tout individu peut tester lui-même cette contamination soi-disant invisible par les méthodes les plus basiques de la biologie moléculaire. Sans connaissance scientifique, cela nécessite de s’adresser à un laboratoire, ou de rejoindre gratuitement un laboratoire communautaire de biologie comme il en existe dans la plupart des pays occidentaux.
Le reste du dépliant est une série d’affirmations dépourvues de références sauf, dans le meilleur des cas, une référence du style “En avril 2008, les experts de l’ONU…”.
Tout ceci n’empêche aucunement les agriculteurs des pays pauvres de voter pour les OGM avec leurs pieds (et leurs socs). Ni nos agriculteurs d’importer massivement des OGMs pour alimenter leurs animaux d’élevage. Voici un point clair d’amélioration potentielle de notre balance des paiements…
On peut le voir autrement. Si nos pays d’Europe occidentale persistent à refuser les cultures d’OGMs sur leur sol, c’est une magnifique leçon de civisme à l’échelle mondiale, puisque cela revient à redistribuer les richesses de nos pays vers les plus pauvres.

 

La mémoire de l’O G M

Le Professeur Gilles-Éric Séralini re-publie son étude controversée.
‘Winfried Schröder, éditeur pour la revue Environmental Sciences Europe [qui re-publie l’étude controversée], a indiqué souhaiter, en republiant cet article, « permettre une discussion rationnelle » sur ces travaux. « Le seul objectif est de permettre la transparence scientifique et, sur cette base, une discussion qui ne cherche pas à cacher, mais bien à se concentrer sur ces controverses méthodologiques nécessaires », ajoute-t-il.’

Séralini aurait-il de meilleures données ? Que nenni. Ce sont les mêmes. Mais l’analyse statistique de ces données inchangées a été enrichie.
En d’autres termes plus clairs, il y a toujours 10 rats par cohorte de même sexe.

Mais l’analyse statistique a été refaite, et les rats sont devenus plus significatifs au plan statistique, surtout les rats malades.

 

Nous avons une ministre de l’écologie

Ségolène Royal, ministre de l’écologie, le 23 avril 2014 :
« Je proposerai donc, au nom de la France, au mois de juin, des améliorations au projet de directive pour offrir aux Etats membres toute la sécurité juridique nécessaire pour l’interdiction des OGM sur les territoires et pour renforcer leur évaluation environnementale », a-t-elle conclu.

Proposons une économie : en effet pourquoi évaluer un produit interdit ?
D’ailleurs, pour évaluer, il y faut les essais de l’INRA. Or ces essais ont systématiquement été saccagés par ceux-là même qui se plaignent ensuite qu’il n’y a pas évaluation. Notons au passage que ces gus-là ne savent manifestement pas manier une faux — il y faut quand même un coup de main qui ne s’improvise pas. On appelle ces personnes les « faucheurs d’OGM ». Ce sont des délinquants qui tendent à récidiver, encouragés par le laxisme judiciaire dont ils font l’objet.
Et qui retrouve-t-on aux côtés des faucheurs d’OGM quand la justice, à défaut de les condamner significativement, leur rappelle le droit : Royal Ségolène.

 

Questions :

Au-delà du droit de chacun à l’auto-contradiction (se plaindre de l’absence d’évaluation et détruire toute évaluation), que chacun appréciera, pourquoi ne pas faire régler la lourde facture des destructions à leurs responsables ?

Et comment est-il possible de retrouver des délinquants multi-récidivistes parmi les députés européens ? Comment peuvent-ils être éligibles ?

 

La nature du cumul

Frédéric JACQUEMART est un cumulard.
Médecin et docteur ès immunologie, il est administrateur de France Nature Environnement (FNE), fondateur et président du GIET, et président d’Inf’OGM, trois officines de notre riche paysage de l’écologie anti-OGM.
Nous avons déjà rendu visite à FNE dans ce blog. Quant à GIET et Inf’OGM, elles ont en commun, outre Jacquemart, une absolue neutralité. On est par exemple rassuré d’apprendre que “Le GIET n’a pas de doctrine et ne cherche pas à en avoir. Les écrits et propos de ses membres n’engagent qu’eux-mêmes, individuellement, et encore.” (rubrique “Qui sommes-nous ?). Ce “et encore” suggère une grande et attrayante liberté d’expression, jusqu’au point de ne même plus être responsable de ses propres écrits et propos. Inf’OGM est là pour nous informer sur les OGM, cela se devine à sa dénomination. “Face à la nouveauté que représente la transgenèse [depuis 1973 tout de même, ou depuis 1983 pour les PGM – note de Paul-Émic Victor], Inf’OGM s’est toujours efforcée de ne pas prendre position dans le débat autour des dangers et avantages des plantes génétiquement modifiées (PGM), considérant que les citoyens avaient besoin avant toute chose d’une information la moins orientée possible pour se construire leur propre opinion.” (rubrique “Le positionnement d’Inf’OGM dans le débat”). Rassuré ?

Un cumulard, n’est-ce pas ?
Doublé d’un boulimique. En 2009, il a été élu vice-président du Comité Économique, Éthique et Social (CEES) du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB). Merci Sarko. Ce HCB dispose aussi d’un comité scientifique. Ces deux comités ne tirant pas souvent les mêmes conclusions, ses avis en sont brouillés notamment depuis 2009. La majorité revient généralement aux anti-OGM. Beaucoup de membres du comité scientifique ont démissionné.
Imaginez qu’on ait nommé un représentant des grands semenciers à ce poste de vice-président du CEES. Que n’aurait-on entendu ! Mais là, un partisan de la décroissance globale, pas de problème.

Voir l’analyse de Gil Rivière-Wekstein (rédacteur en chef de la lettre “Agriculture et environnement”), à ce propos et à propos des prises de position de Manuel Valls. Écouter aussi le débat en ligne entre Gil Rivière-Wekstein, Marc Fellous (chercheur à l’hôpital Cochin) et Frédéric Jacquemart.

 

La nature de la biologie

Gilles-Eric Seralini est professeur de biologie (à Caen, lui aussi).

Sa biographie indique qu’il a été membre, de 1998 à 2007, de la Commission du génie biomoléculaire chargée d’autoriser les OGM, au sein du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Environnement. Il a été nommé chevalier de l’ordre national du Mérite en 2008, sur proposition du ministère de l’Écologie, pour l’ensemble de sa carrière en biologie.
Belle promotion, belle confiance pour un pseudo-scientifique connu des milieux scientifiques pour ses conclusions répétitivement pré-déterminées par son idéologie. Avant d’être retirée par le journal scientifique qui l’avait publiée, sa dernière publication non-concluante en 2012 lui a valu un beau succès, grâce à une remarquable coordination dans l’opération de communication (voir page 26).
M. Seralini dénonce les lobbys industriels puissants qui soutiennent l’utilisation des OGMs. On apprend cependant que ses travaux bidons ont été soutenus par les micro-entreprises Auchan et Carrefour, qui ont lancé  des campagnes publicitaires sur le thème “pas d’OGM dans nos magasins”.

Les positions anti-OGM en Europe ont des effets négatifs sur l’Europe, mais aussi et surtout sur les pays en voie de développement.
Alors que la population en Europe baisse de 0,1% par an, elle augmente dans ces pays. Pour éviter de se faire écharper, les idéologues anti-OGM évitent de se montrer dans les colloques sur l’agriculture etc. en Afrique, Amérique centrale et latine, Asie.
Les fantasmes de Seralini et du CRIIGEN ont tout de même entraîné un bannissement de l’import des OGMs au Kenya, qui en dépend pour l’efficacité de son agriculture et aussi pour développer de nouveaux vaccins pour son bétail, par exemple contre la péripneumonie contagieuse bovine.

Conclusion :
C’est grave pour des millions de gens en situation de fragilité, tout cela pour que quelques idéologues malhonnêtes plastronnent dans les salons des pays riches qui leur garantissent la stabilité de l’emploi.
Ne pourrait-on pas employer le salaire du Prof. Seralini pour embaucher deux chercheurs juniors qui feraient du travail scientifique honnête, ou pour aider les africains à protéger leur bétail ?

 

La nature de l’informatique

Hervé Le Crosnier est un enseignant-chercheur en informatique de Caen qui se mêle beaucoup de biologie.
Son discours en résumé : “L’informatique ne présente pas de danger, au contraire du génie génétique et de la biologie synthétique”.

Reconnaissons d’abord que du danger peut effectivement provenir d’agents biologiques, en particulier de ce que M. Le Crosnier nomme avec des trémolos dans la voix “la nature” : maladies infectieuses, plantes et champignons toxiques, animaux féroces, humains stupides etc.

Cependant personne n’a encore été blessé ou tué par un OGM depuis plus de 40 ans qu’il s’en construit. Personne.
Et beaucoup ont été sauvés par les OGMs. Citons pelle-mêle à titre d’illustration quelques maladies soignées ou diagnostiquées par des OGMs ou leurs produits : diabète, sida, hémophilie, malaria, hépatite, nanisme, cancer du sein.

En revanche il serait difficile de prétendre que l’informatique chère à M. Le Crosnier soit aussi innocente qu’il le prétend. Citons sans chercher bien loin :
la cyber criminalité : En Europe, son coût avait en 2011 atteint 750 milliards d’euros par an. Les banques US ont perdu en 2011 0,7 milliards d’euros par le fait de voleurs traditionnels, et 9,2 milliards d’euros à cause des cyber criminels.
les transactions haute-fréquence, algorithme contre algorithme, qui ruinent irrationnellement des gens.

Les bilans respectifs étant établis pour l’heure, nous pourrions penser que l’affaire est claire. Sauf évidemment pour les tenants de la juste cause.
Secondairement existent peut-être des questions de compétence :

par “Murmure” (18 juin 2010)
M. Hervé Le Crosnier : “Mais l’insuline… n’est pas obtenus par la biologie synthétique, mais par des manipulations génétiques en milieu confiné.”
Pour enrichir vos connaissances :
LA BIOLOGIE SYNTHETIQUE Qu’est-ce que c’est ? Par l’École Polytechnique de Lausanne
et l’insuline y figure en bonne place.

Enfin arrive l’explication ultime. Il ne s’agit de rien de moins que du péché originel :

Car vendre est bien l’objectif de ces recherches en biologie synthétique. Venter a déposé en mai 2007 un brevet […] Nous sommes loin de la recherche visant à « comprendre la nature » et à expliquer les phénomènes biologiques… mais bien dans la course aux applications, susceptibles de faire frétiller les investisseurs du capital-risque.

Conclusion :
Comment M. Le Crosnier saurait-il prétendre au titre de chercheur scientifique s’il glose dans ses domaines d’incompétence et se montre incapable de raisonner rigoureusement à partir de sources validées ?
Ne pourrait-on pas employer son salaire pour embaucher deux chercheurs juniors qui feraient du travail scientifique honnête ?
Non, on me signale à l’instant que l’industrie nationale affaiblie par ses puissants et géniaux coups de boutoir ne permet plus par son imposition à l’Etat de payer son salaire.

 

Le Foll de Villeroy

Gilles Éric Seralini avait bien monté son bateau en 2012.
Pas une raison pour que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, amplifie depuis son Hôtel de Villeroy les effets * de Seralini et ses conséquences médiatiques. Un peu de sang-froid SVP dans le gouvernement de la France.

Conséquence :

Nulle part ailleurs qu’en France y a-t-il eu autant de réactions et de bruit autour de cette affaire. Cependant ledit bateau a définitivement sombré un an plus tard.

* Le gouvernement avait appelé à un examen plus strict des OGM, avant même l’avis scientifique des autorités compétentes.

Une nouvelle voie de recherche prometteuse

Je suis passé hier chez ma concierge lui rendre la clé du local à vélos. Elle regardait à la télé les images du terrible cyclone. Machinalement, elle a versé dans son bol des céréales ‘bio garanties sans ADN’.

Je l’ai ensuite entendu déclarer : « Y nous détraquent le temps, avec leurs OGM. »
Cette déclaration, aussi anodine semble-t-elle, ouvre en fait de nouvelles et profondes voies à la recherche interdisciplinaire.