Liberté d’entreprendre l’interdiction des OGM

Lu dans Les Echos du 5 décembre 2014, « Industries et Services » page 23 : « Bruxelles rend aux Etats la liberté d’interdire la culture des OGM ». Il ressort de l’article que Bruxelles se sentant harcelé par les anti-OGM, s’est déchargé de ce problème vers l’échelon national.

Juste un souci : si l’Europe ne fait pas le poids, il n’est pas clair comment chaque nation européenne le fera. D’autant que ce n’est pas la fraction nationale des oisifs obscurantistes qui leur tombera sur le dos, mais une mobilisation européenne totale sur chaque Etat qui, isolément à un moment donné, ferait mine d’autoriser un OGM.

La suite est encore meilleure.  » « Cet accord respecte l’engagement pris par la nouvelle Commission d’accorder aux gouvernements démocratiquement élus autant de poids qu’aux avis scientifiques » [sic], s’est félicité le commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis.  » Il est heureux qu’il ait pensé à se féliciter lui-même … Trois réunions totalisant 24 heures, tout de même.

Le passé nous a appris que les gouvernements non démocratiquement élus ont même plus de poids que les avis scientifiques. Mais là c’est mieux, c’est plus démocratique, c’est juste le même poids. Imaginez la gueule de la balance, d’un côté un gouvernement, de l’autre un avis scientifique.

Quant à la nouvelle Commission, un fait significatif est à noter : la conseillère scientifique en chef du président, Anne Glover, nommée par Barroso, vient d’être démise par Juncker. Elle mettait en avant les faits scientifiques. Quelques ONG ont réclamé et obtenu sa tête de Juncker qui leur a offerte.