Une profonde et grave question philosophique

Pêché sur le site de l’Observatoire de la biologie de synthèse : “Certaines applications soulèvent des questions philosophiques et éthiques, comme le débat sur le bien fondé d’instrumentaliser ou d’artificialiser encore plus la nature.”
Nous avons déjà traité de la conception utopique de la préservation de l’environnement qui est portée par ce terme “la nature” et n’y reviendrons pas.

Mais on y trouve aussi une référence au récent rapport rédigé par les masos de l’INRA/CIRAD : “L’ambition de la biologie de synthèse, qui est de mettre les vivants artificialisés dans l’entière dépendance des humains, est-elle crédible et souhaitable ?”

Cependant le pompon revient, comme de juste, à Inf’OGM qui, rappelons-le, nous informe sur les OGM :
“Car ne nous leurrons pas, les futurs organismes synthétiques, s’ils apparaissent un jour, n’auront rien à voir avec les êtres vivants que nous connaissons, mais ressembleront essentiellement à des usines vivantes conçues pour assouvir nos besoins. Serons-nous alors prêts à intégrer au sein de notre planète un troisième monde aux côtés des mondes vivant et inanimé ? Un troisième monde dit vivant, mais tellement différent de celui que nous connaissons, que les ingénieurs du vivant pourraient construire, modifier et détruire à leur aise. Un monde dépourvu d’une histoire évolutive, façonné par et pour l’homme, disponible ou jetable à la demande ? Que savons-nous de la capacité qu’aurait ce monde-là de nous interpeller et de nous menacer dans notre humanité ?”

C’est vrai que je me pose aussi ces questions, je n’en dors plus …  J’exploite à l’insu de mon plein gré mes bactéries intestinales pour me produire des vitamines. Depuis plusieurs décennies, le vaccin contre l’hépatite B est produit par un microbe. Et le facteur 8 pour les hémophiles. Et l’hormone de croissance pour les nains. Et l’insuline pour les diabétiques. Etc.
“C’est vilain ?”
“Oui c’est vilain. Même une exploitation involontaire te rend coupable de complicité”, me répond mon ami, le brave écolo ‘retourné à la terre’, son verre de lait de chèvre à la main.

N.B. : une chèvre est un mammifère comme nous. Je m’imaginais les microbes plus éloignés par rapport à l’humanité. Incroyable mais vrai, cela fait donc quelques milliers d’années que l’humanité exploite ses proches (mammifères). Je comprends maintenant à quel point la question de départ est d’une brûlante actualité. Je laisse à l’instant tomber mon émission pourtant favorite de chanson française : “Ouvrez ouvrez l’anus aux microbes, regardez-les nager c’est beau”, et je fonce à la manif : “Libérez, nos, bactéries ! CNRS, SS !”

P.S. : je viens de découvrir une cause encore plus prenante. J’ai lu dans ‘Çà me casse les pieds’ que certaines fourmis élèvent et exploitent impitoyablement des pucerons. Syndicalement inacceptable. Il faudra bien que les fourmis comprennent leurs responsabilités de classe. J’arrive, tenez bon les pucerons !

 

Ce blog est rédigé par un con

Avertissement ! Ce blog est rédigé par un con.

Il est souvent dit « qu’on a l’opposition qu’on mérite » ?
Si c’est vrai, il s’ensuit que les acteurs de la biologie synthétique doivent être particulièrement cons.
Signé : l’un d’entre eux.