Une gourmandise

Un rapport sur la biologie de synthèse, commandité par la Stratégie Nationale de la Recherche et de l’Innovation (SNRI) au Ministère de l’Éducation Supérieure et de la Recherche (MESR), a été coordonné par François Kepes, le chantre mou de la biologie synthétique (BS) en France et en Navarre. Ce rapport de 2010 contient des objectifs à 2, 5, et 15 ans.
Nous sommes début 2014, offrons-nous une petite gourmandise et, 3 ans après, examinons les objectifs à 2 ans. En italiques, le texte du rapport.

Objectifs à 2 ans (2012) : phase de montée en puissance
Constituer un réseau français original  en BS avec une ambition internationale :  
1.    organiser le dialogue science et société, l’intégrer dans le processus de programmation ;
Commentaires :
– le Forum chargé de ce dialogue est inactif ;
– il n’y a pas de programmation.
2.    mettre à disposition du public des informations rigoureuses ;
Commentaires :
– l’Observatoire de la BS, en 2 ans d’activité, a entamé ce boulot.
– il existe bien d’autres sources d’information, mais elles ne viennent pas d’initiatives institutionnelles.
3.    attirer les meilleurs scientifiques vers ces défis transdisciplinaires, et renforcer les positions autour des quelques forces de recherche déjà présentes ;
Commentaire :
– ces meilleurs scientifiques ont bien été attirés vers ces défis, en quittant la France et même la Navarre. Leur départ a fragilisé les positions existantes.
4.    susciter des rapprochements scientifiques et amorcer une structuration territoriale par des actions incitatives telles que des appels d’offre généralistes autour de projets, centres et plateformes;
Commentaire :
– rien à voir, circulez.
5.    motiver des établissements d’enseignement supérieur à incorporer une part de BS dans certaines filières biotechnologiques ;
Commentaire :
– ici aussi, s’il s’est passé quelque chose, c’est le fait d’initiatives locales.
6.    créer un lien entre recherche publique et petite/moyenne industrie ;
Commentaire :
– ici aussi, s’il s’est passé quelque chose, c’est le fait d’initiatives locales.
7.    contribuer à toute initiative européenne significative pour mettre en œuvre la feuille de route TESSY : jalons scientifiques, transfert de connaissances, financement, règlementation et code  de conduite du chercheur.
Commentaire :
– un tout petit nombre d’actions ont été menées, mais il est vrai que les paroles ne coûtent guère.

Ce rapport a été remis à Laurent Wauquiez, ministre ESR dans le gouvernement Fillon. Entre temps, Geneviève Fioraso l’a remplacé dans le gouvernement Ayrault. Or juste avant son entrée au gouvernement, Mme Fioraso avait remis à l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST) son volumineux et bien informé rapport sur la BS, qui recommandait de ne pas laisser passer le train de la BS. Cette conjonction a amené une vraie connaisseuse de la question au poste de ministre ESR. Belle aubaine pour ce domaine de la BS, en apparence.

Conclusion :

C’est probablement pourquoi en 3 ans, le plan a pris 3 ans de retard. Voilà au moins un retard qui, loin de coûter de l’argent, en a économisé dans l’immédiat. Bon, cela nous coûtera cher plus tard, mais c’est au-delà de l’horizon de nos politiques.

Au secours Karl (Karl Popper, pas Karl Zéro) !

Offrons nous cette semaine une petite escapade dans le vaste monde de la théorie du complot.

Les théoriciens du complot des Chemtrails prétendent que les avions laissant des traînées blanches derrière leurs réacteurs en haute altitude déversent des produits chimiques sur nos têtes pour nous imprégner et laver le cerveau. Ces traînées n’auraient rien à voir avec le fait que la combustion de tout carburant produit nécessairement de l’eau laquelle gèle à -50°C (température typique à cette altitude) en cristaux diffractant la lumière (des petits nuages formés en sortie des tuyères).

Cependant la meilleure preuve en faveur des Chemtrails, c’est qu’il semble effectivement que leurs théoriciens soient sérieusement imprégnés. Ils ont du traîner trop longtemps sous les avions pour les surveiller.

Le Foll de Villeroy

Gilles Éric Seralini avait bien monté son bateau en 2012.
Pas une raison pour que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, amplifie depuis son Hôtel de Villeroy les effets * de Seralini et ses conséquences médiatiques. Un peu de sang-froid SVP dans le gouvernement de la France.

Conséquence :

Nulle part ailleurs qu’en France y a-t-il eu autant de réactions et de bruit autour de cette affaire. Cependant ledit bateau a définitivement sombré un an plus tard.

* Le gouvernement avait appelé à un examen plus strict des OGM, avant même l’avis scientifique des autorités compétentes.